Kosmic Memories

«Kosmic memories» révèle des architectures hors normes, véritables totems de civilisation du futur érigés comme autant de signes d’un ailleurs possible. Ce n’est pas un hasard si cet univers de science fiction voit le jour entre la fin des années 50 jusqu’aux début des années 80 et surtout dans les pays satellites et non alignées de l’ex URSS. D’abord l’obsession du cosmos est un vieux tropisme de l’imaginaire russe (Tsiolkovsky, Sputnik, Gagarine…) et avec le rapprochement de l’occident la création artistique se libère des dogmes politiques. Si tout ces bâtiments ont des fonctions différentes, commémorative, politique, institutionnelles, leurs formes témoignent d’un même souffle : l’invention d’un futur imprégné de science fiction. On peut y voir une forme de Préhistoire du futur avec des soucoupes volantes, des stations spatiales ainsi qu’une multitude de formes géométriques d’une autre planète. Construit le plus souvent en béton et aux sommets de paysages stellaires, il se dégage de ces architectures monumentales une puissance tellurique venu d’ailleurs. Leur emplacement, s’il est souvent lieu de mémoire, coincide aussi à l’aurore ou au crépuscule, avec une lumière latérale qui vient renforcer leur étrangeté. Beauté brutaliste, futuriste, utopique, mystique, ésotérique… entre «Le temple du Soleil’ de Tintin et le monolithe de «2001, Space Odyssey» ces sentinelles incarnent le rêve d’un futur toujours à venir.

 

“D’où cela vient-il ? D’où c’est venu ? Qu’il y a-t-il à l’intérieur ? Où et quand cela va-t-il repartir ? Qui, de la neige qui retient ou du ciel qui appelle (rappelle ?) aura le dernier mot ? L’oeil de Vincent Fournier crée un lien avec l’insondable mystère de l’univers sans fin. Et il interroge: d’où c’est venu ? Quand cela va-t-il repartir ? Ou pas. ENKI BILAL 2020

Kosmic Memories

“Kosmic Memories” reveals extraordinary architectures, veritable totems of civilization of the future erected as so many signs of a possible elsewhere. It is not by chance that this science fiction universe was born between the end of the 1950s and the beginning of the 1980s, especially in the satellite and non-aligned countries of the former USSR. First of all, the obsession with the cosmos is an old tropism of the Russian imagination (Cosmism, Tsiolkovsky, Sputnik, Gagarin…) and with the rapprochement of the West, artistic creation frees itself from political dogmas. If all these buildings have different functions, commemorative, political, institutional, their forms testify to the same breath: the invention of a future imbued with science fiction. We can see the Prehistory of the Future with flying saucers, space stations and a multitude of geometrical shapes from another planet. Built mostly in concrete and at the tops of stellar landscapes, a telluric power from elsewhere emerges from these monumental architectures. Their location, while often a place of memory, also coincides with dawn or dusk, with a lateral light that reinforces their strangeness. Brutalist, futuristic, utopian, mystical, esoteric beauty… between « Tintin and the Temple of the Sun" and the monolith from “2001, A Space Odyssey”, these sentinels embody the dream of a future that is always to come.

"Where does it come from? Where did it come from? What is inside? Where and when will it start again? Who, the snow that holds back or the sky that calls (reminds?) Will have the last word? Vincent Fournier's eye creates a link with the unfathomable mystery of
the endless universe. And he asks: where did it come from? When is it going to start again? Or not. ENKI BILAL 2020